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Sports d’hiver, « Même sans neige, la montagne peut être attractive »

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Des experts internationaux évoqueront l’avenir du tourisme hivernal la semaine prochaine à Crans-Montana. Présentation.
Crans-Montana accueillera du 10 au 12 janvier la première déclinaison européenne du Mountain Travel Summit, l’un des colloques les plus importants dans le domaine du tourisme de montagne. Quelque 200 dirigeants et experts sont attendus dans la station valaisanne. Dont les représentants d’une trentaine de tour-opérateurs: des poids lourds américains, asiatiques et européens du secteur des loisirs. Interview de Bruno Huggler, directeur de Crans-Montana Tourisme & Congrès.
Vous vous apprêtez à recevoir ce sommet sur le tourisme hivernal alors que la neige manque cruellement…
Tout l’arc alpin vit cette situation particulière. Cela fera partie des questions abordées: comment répondre au décalage des saisons, comment rendre la montagne attractive même quand il y a peu de neige. Ce que je vois ces jours-ci me rend optimiste. Les gens sont ravis de profiter du soleil, de se promener, de monter en télécabine pour boire un verre sur une terrasse. Je pense que 70% des vacanciers, durant les Fêtes, ne considèrent pas le ski comme leur priorité. L’air pur, le panorama, ce sont de vrais atouts à faire valoir.
Vous avez quand même dû subir des annulations, non?
Oui. Je m’inquiète davantage pour les 30% restants, ceux qui veulent skier du matin au soir. On risque de perdre cette clientèle-là si le manque de neige perdure.
Le niveau des prix est un autre frein pour le tourisme hivernal en Suisse.
Le franc suisse est trop fort pour le tourisme, c’est clair. Avec le Brexit et la dévaluation de la livre sterling, cela se ressent encore plus cette année. Nous devons donc étoffer notre offre et améliorer la qualité de l’expérience touristique en montagne.
Lors du congrès, il sera question de l’essor du marché asiatique. C’est de là que viendra le salut?
Nos marchés principaux resteront la Suisse (60% de nos clients à Crans-Montana), l’Italie du Nord, la France, le Benelux. Nous n’avons pas l’infrastructure nécessaire pour recevoir des groupes de Chinois comme à Lucerne ou à Interlaken. Mais de plus en plus d’Asiatiques voyagent en couple ou entre amis. Et les JO de 2022 à Pékin vont renforcer l’intérêt pour les sports d’hiver. Avec une offre adaptée, il y a un potentiel à exploiter. J’espère que cela nous permettra d’augmenter nos nuitées.
Parmi les intervenants annoncés figurent aussi des représentants de Google et d’Airbnb. Ces acteurs sont devenus incontournables pour les destinations de montagne?
Oui. AirBnb cartonne dans les villes. Avec notre capacité d’hébergement, nous pouvons aussi profiter de ce type de séjour, mais en faisant attention à ne pas pénaliser l’hôtellerie.
Et Google? Que pourrait être son apport?
De nos jours, tout le monde passe au moins une fois par un moteur de recherche pour préparer ses vacances. C’est comme ça que la majorité des visiteurs tombent sur notre site Internet. Nous avons donc tout intérêt à nous présenter de façon optimale sur la Toile. Les données numériques peuvent nous aider à mieux connaître nos clients et à mieux répondre à leurs besoins.

Patrick Monay, Tribune de Genève, 05.01.2017. Source